Keanu Reeves est né le
2 septembre 1964 à Beyrouth d’une
mère anglaise et d’un père chinois originaire d’Hawaï (en
langage hawaïen, « Keanu » signifie « brise fraîche
soufflant sur la montagne »). Il passe sa jeunesse en Australie, à New
York, puis à Toronto où il tourne en 1980 dans la série
télévisée « Hanging In ».
Au cinéma, il débute derrière le masque d’un
joueur de hockey dans YOUNGBLOOD et apparaît dans une demi-douzaine
de films peu mémorables, avant de trouver son premier emploi important
: le chevalier Danceny dans LES LIAISONS
DANGEREUSES de Stephen Frears.
Le public américain le découvre dans un registre tout à fait
différent avec la comédie farfelue BILL & TED’S
EXCELLENT ADVENTURE dont le succès entraînera une
suite (BILL & TED’S BOGUS JOURNEY) ainsi
qu’une série
d’animation (“Bill & Ted’s
Excellent Adventures”) à laquelle
il prêtera sa voix et une série télévisée à laquelle
il ne participera pas.
Ce personnage de potache le desservira auprès des journalistes,
qui lui reprocheront pêle-mêle son apparence imperturbable,
son regard parfois vide et sa difficulté à s’exprimer
dans les interviews (l’un d’eux ira jusqu’à traduire
son prénom par « brise fraîche soufflant entre ses
oreilles »). Pourtant, il ne tarde pas à faire la preuve
d’un réel talent de comédien et de sa facilité à aborder
des genres très variés, qualités auxquelles seront
sensibles des réalisateurs aussi exigeants que Lawrence Kasdan,
Bernardo Bertolucci ou Kenneth Branagh.
Certes, c’est le cinéma d’action qui lui vaut une
notoriété internationale et l’adulation des fans.
De l’agent du FBI surfeur de POINT BREAK aux cybernautes de JOHNNY
MNEMONIC ou MATRIX en passant par
l’intrépide policier de SPEED et le chercheur scientifique
de POURSUITE, il retourne périodiquement à un
univers où sa prestance et son aisance physique font merveille.
Mais il évite habilement le piège consistant à exploiter
indéfiniment ce filon. Ainsi, il a le bon sens de refuser la suite
de son plus grand succès du moment, SPEED
2, qui s’avérera
un cuisant échec.
Par ailleurs, il continue d’exercer ses dons comiques dans des œuvres
plus raffinées, comme
PORTRAIT CRACHÉ D’UNE FAMILLE
MODÈLE , TANTE
JULIA ET LE SCRIBOUILLARD ou
JE
T’AIME À TE
TUER.
Avec MY OWN PRIVATE
IDAHO , adaptation très libre de “Henry
IV”, Gus Van Sant l’initie à l’univers shakespearien,
un domaine pour lequel il se passionnera et qu’il exportera à la
fois sur scène (“Hamlet”, “La Tempête”)
et au cinéma ( BEAUCOUP
DE BRUIT POUR RIEN).
Sa beauté intemporelle
convient parfaitement aux ambiances d’époque, qu’elles
soient fantastiques (DRACULA) ou romantiques (LES
VENDANGES DE FEU).
Ses traits lisses et son attitude « cool » laissent transparaître
une évidente sensibilité et une aura spirituelle que sauront
exploiter Bertolucci dans LITTLE
BUDDHA (à travers le rôle
du jeune et charismatique Prince Siddhartha) et Taylor Hackford dans
L’ASSOCIÉ DU
DIABLE , où il combat le Prince des Ténèbres
incarné par Al Pacino.