.......... 1956 à nos
jours
Fils de colonel, Jean-Claude
Brialy est né à Aumale (Algérie) le 30 mars
1933. Les affectations successives de son père entraînent
quelques perturbations dans ses études, qu'il commence au
lycée de Blida, pour les poursuivre à Bône, à Marseille,
au collège de SaintEtienne, au Prytanée militaire
de La Flèche et enfin à Strasbourg où il prépare
son baccalauréat. Parallèlement, il suit des cours
d'Art Dramatique et obtient un premier prix de comédie au
Conservatoire de Strasbourg et entre ainsi au Centre Dramatique
de l'Est, où il sera l'interprète des " Mains
sales >,, de " Bobosse ", " Les Parents terribles ", " Jean
de la Lune", " Le barbier de Séville"...
Appelé au service militaire, il est affecté au Service
cinématographique de l'Armée et, pendant deux ans, il
est chargé de nombreux films. A sa démobilisation, il
poursuit dans cette voie sur la proposition du producteur Fred Orain,
en enregistrant les textes de plusieurs courts métrages. Mais
le jeune comédien reprend bientôt sa carrière théâtrale
pour une tournée de six mois, au cours de laquelle il joue des
vaudevilles : "Occupe-toi d'Amélie ", et " Le
congrès de Clermont-Ferrand".
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C'est auprès
de Darry Cowl dans L'AMI
DE LA FAMILLE que Jean-Claude Brialy
débute au cinéma. L'année suivante,
il se trouve au coeur de ce mouvement novateur qu'on appellera
la "Nouvelle vague " et devient l'interprète
favori de ses animateurs: Jacques Rivette, Jean-Luc Godard,
François Truffaut dans leurs premiers courts métrages,
puis dans quelques-uns des longs métrages qui feront
le succès de la " Nouvelle vague": LE
BEAU SERGE et LES COUSINS de Claude Chabrol, en premier lieu." Je
ne suis pas près d'oublier que c'est grâce à lui,
au BEAU SERGE, aux COUSINS et même à cette pochade
des GODELUREAUX que je suis devenu "vedette ",
enfin acteur. Le métier d'acteur est une sorte de
sport. On vous choisit d'abord pour un aspect physique, votre
présence, votre silhouette, votre "gueule".
A l'intérieur, il y a le désir de s'exprimer
et le talent bien sûr. Encore faut-il trouver le réalisateur
qui vous permette de sortir ce qui est à l'intérieur.
Après il faut s'affronter au public. Puis il faut
tenir, vieillir. Tout le monde n'est pas Gabin ", (J.-C.
Brialy).
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La désinvolture
railleuse, l'aisance du comédien s'accordent au style des
jeunes maîtres -et l'autorité de l'acteur de métier
lui permet de triompher dans les genres les plus divers. Cette
abondante carrière cinématographique n'empêche
pas Jean-Claude Brialy de s'affirmer sur scène dans plusieurs
pièces : "Un dimanche à New York ", " Madame
Princesse ", " Les portes claquent " et " La
puce à l'oreille". A la télévision, on
le voit dans " Les parents terribles ", " Chéri " et " Anna".
Cette activité de comédien s'ajoute en 1971 celle
de réalisateur. Il entreprend une nouvelle carrière.
Son premier film EGLANTINE est une oeuvre à réminiscences
autobiographiques. Il n'en restera pas là. Il tourne quelques
mois plus tard :LES VOLETS CLOS, L'OISEAU RARE et UN AMOUR DE PLUIE.

Comédien né, Jean-Claude Brialy est aussi un créateur
qui brûle de diriger, sur scène ou à l'écran,
d'autres comédiens. Dans les années 70, il avait déjà réalisé quatre
films; le dernier, UN AMOUR DE PLUIE, en 1973. Il se retrouve derrière
la caméra au début de la décade 80 pour signer
deux adaptations de la comtesse de Ségur, LES MALHEURS DE SOPHIE
(1991) et UN BON PETIT DIABLE (l983), où Alice Sapritch incarne
avec brio la mère Mac Miche. Cinéaste, Brialy tient,
surtout, à mettre ses comédiens en valeur : "S'il
m'arrive d'être très autoritaire et même emmerdant
c'est envers la technique : elle doit être au service des acteurs.
Eux, je les protège, tout est pour eux; c'est pourquoi ils sont
bien dans mes films. "
Mais Brialy se veut avant tout un homme de théâtre où,
selon lui, l'art du comédien trouve le cadre privilégié de
son épanouissement : la scène. Et c'est pourquoi il achète
une salle, les Bouffes Parisiens, dont la gestion et la programmation
vont requérir, à partir de 1988, l'essentiel de son temps,
de son énergie et de son talent, en le tenant provisoirement éloigné du
cinéma. Il y monte pièce après pièce, succès
après succès, tout à la joie de ménager,
pour ses camarades et lui-même, ce " rendez-vous d'amour
quotidien avec le public " qu'est une représentation théâtrale.
Alice Sapritch, qu'il a dirigé (LE BON PETIT DIABLE) dit de
Jean-Claude Brialy: " Il n'est jamais négatif", " Diriger
un acteur", c'est aussi un mot un peu galvaudé, on ne dirige
pas un acteur, " diriger " ça ne veut rien dire. On
le met en confiance, l'acteur propose et le metteur en scène
prend le meilleur de l'acteur. Je crois que c'est ça, diriger
un acteur.
C'est au moment où se raréfient ses apparitions à l'écran
que Brialy reçoit le César du meilleur acteur dans un
second rôle, celui de Klotz, le chef d'orchestre alcoolique et
homosexuel dans LES INNOCENTS, le plus complexe et le plus douloureux
de tous ceux qu'il a interprétés dans les années
80.
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On avait pu croire que
son registre privilégié était celui de la
fantaisie et de la dérision : le coiffeur efféminé de
LA NUIT DE VARENNES, le flic travesti de LEVY
ET GOLIATH ou le
banquier véreux de RIPOUX
CONTRE RIPOUX en sont les plus
réjouissantes manifestations. Mais il sait aussi susciter
le trouble et la pitié - dans SARAH, GRAND-GUIGNOL et INSPECTEUR
LAVARDIN, où la fragilité, la solitude de ses personnages
sont perceptibles derrière la façade de la mégalomanie
- voire le mépris ou le dégoût - en collaborateur
inquiétant (STELLA), en avocat retors (CAP
CANAILLE), en
policier corrompu (LA CRIME) ou en trafiquant raciste (S'EN
FOUT LA MORT) - à la manière d'un Jules Berry dont il
a le bagout, le toupet la cautèle et l'absence de scrupules.
En réalité, le jeune premier désinvolte des
débuts à l'écran a peu à peu cédé la
place au dandy vieillissant dont le charme n'opère plus
toujours, qui se réfugie dans le désespoir ou le
cynisme et souffre...........