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Jean-Pierre BACRI
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23/07/2003 |
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Jean-Pierre
Bacri et Claude Berri, acteur et réalisateur de UNE
FEMME DE MENAGE (13/11/2002)
Dans UNE FEMME DE MENAGE, Claude Berri fait tourner pour la première fois Jean-Pierre Bacri. Après LA DEBANDADE, le réalisateur producteur continue d’explorer, avec légèreté, la veine autobiographique. Fidèle à son goût du désarroi humain, Jean-Pierre Bacri y campe un quadra en mal d’amour séduit par une jeune banlieusarde. Attablés côte à côte pour la conférence de presse du festival de Sarlat, enchaînant les cigarettes, Berri et Bacri se sont prêtés au jeu des questions avec leur bonne humeur légendaire... Claude, le film est tiré d’un livre dont vous avez lu le résumé dans un journal, mais semble en même temps très proche de vous, comment l’expliquez-vous ? C’est pareil pour tous les metteurs en scène : quand ils ont terminé un film, soit ils ont d’autres idées dans leur tiroir, d’autres envies, d’autres désirs, soit ils sont à la recherche d’un autre sujet. C’était mon cas après la DEBANDADE. Le hasard a voulu que je tombe sur une histoire résumée en cinq lignes dans « Le Nouvel Observateur ». Et sans que je ne m’en rende compte, je me lançais dans un film personnel, pas emprunté à ma vie puisque tiré d’un livre, mais personnel. Ça arrive à tout le monde, d’être lâché, de souffrir, de rencontrer quelqu’un d’autre. J’ai mis du temps à m’en apercevoir, mais c’est un thème qui me touche. Votre filmographie est d’ailleurs un savant mélange entre films personnels et grosses productions... Pendant une certaine période, j’ai tourné des histoires autobiographiques ou très intimes, comme JE VOUS AIME. Avec ce film, j’ai essayé de comprendre comment on fait sa vie en plusieurs fois alors que je pensais faire la mienne en une fois. Il se trouve que la mère de mes enfants était malade, et je ne me voyais pas, après JE VOUS AIME, faire un autre film personnel. On ne peut raconter sa vie comme ça tous les deux ou trois ans, il faut une accumulation de choses qui vous imprègnent et qui vous touchent. On peut citer l’exemple de SEX SHOP, que j’ai tourné dans les années 70, parce qu’on était en pleine libération sexuelle. J’ai aussi réalisé LE MAITRE D’ECOLE, pour faire plaisir à Coluche, et j’ai eu la chance qu’on me lance par la fenêtre le livre TCHAO PANTIN. Puis, j’ai adapté « Jean de Florette » de Pagnol, que j’avais adoré. Ça tombait bien car je n’avais alors rien à raconter sur moi. Tout s’est reproduit ensuite, j’ai fait URANUS pour le bouquin, GERMINAL pour mon père. Après, j’ai pu revenir à des sujets plus personnels comme LA DEBANDADE. Comment avez-vous rencontré Jean-Pierre Bacri ? On s’était raté lors de sa pièce, UN AIR DE FAMILLE. J’avais frappé à la porte de sa loge car je me disais que ça pourrait faire un film. Mais il ne m’a pas fait entrer. Il ne m’a pas envoyé promener, mais presque ! Il était un peu bourru. Par contre, j’ai produit DIDIER (ndlr, réalisé par A.Chabat, dans lequel Bacri tient l’un des rôles principaux). On a dîné un soir à Montpellier pour les besoins du film, on a sympathisé et je me suis aperçu que derrière cette façade et cette apparence d’homme en retrait, il avait une énorme tendresse. Quand je lui ai proposé UNE FEMME DE MENAGE, on s’est revus plusieurs fois pour retravailler les dialogues. Je lui ai dit que je souhaitais le montrer comme on ne l’avait jamais vu. Je ne m’intéresse pas aux acteurs mais aux personnes. Jean Pierre, comment avez-vous nourri ce personnage très émouvant ? Comme acteur, j’aime l’honnêteté. Si, dans mes rôles, je ne suis pas le plus proche possible de moi, de mon humanité et de ce désarroi dont je parle toujours, ça ne sert à rien. Je ne fais pas ce métier pour montrer ma tête et me faire faire des brushings. Dans les scènes où mon personnage est simplement à St Germain, à une terrasse de café, j’essaye de me concentrer sur ce que j’ai, moi même, dans la tête. Tout le monde a une vie, des chagrins, des doutes. C’est une chose à laquelle je pense souvent, notamment devant les documentaires. On y voit des gens qui ne sont pas Depardieu raconter leur histoire, et c’est toujours très émouvant. Ils sont en face de leur émotion et essayent juste de la dissimuler. C’est ça qui est touchant chez Jacques, mon personnage. Il ne dit pas grand chose, mais me bouleverse. Un homme bien vivant, qui communique des sentiments sans faire des signes de sémaphore et sans attirer l’attention : voilà l’acteur que je veux être ! La fin d’UNE FEMME DE MENAGE est très ouverte. Comment avez-vous travaillé ce plan final, très touchant, et quel est votre sentiment quant au devenir de votre personnage ? On a mis quelques prises à le tourner. Pour un acteur, c’est une fin très intéressante, on sent qu’il y a matière à fouiller et à travailler. Donc il fallait déjà y penser bien avant, quand on bossait sur le scénario. J’ai pensé à la somme de choses contradictoires qui se pressaient dans la tête de ce type et j’ai essayé de le faire sortir. Mais ce n’est pas non plus surhumain, il suffit d’être un peu dans la situation. Quand au personnage, tout peut lui arriver, il peut devenir exportateur de pain d’épices (rires)... Jacques a retrouvé le désir, il a fait une cure à Quiberon, dans tous les sens du terme. Il a ouvert portes et fenêtres dans sa tête, et cette jeune femme lui a, en quelques sortes, fait le ménage partout ! Conférence de presse
suivie par HSP |
Sarlat 2002 : Ouverture du Festival (06/11/2002) Mardi s’est ouverte la 11ème édition du Festival du film de Sarlat, toujours présidé par Joëlle Bellon, et parrainé cette année par l’actrice Françoise Fabian. Claude Berri et Jean-Pierre Bacri ont fait une courte apparition sur scène pour présenter UNE FEMME DE MENAGE (sortie le 13 novembre), une histoire d’amour plutôt touchante, mais parfois un peu cliché, entre un quadra mélancolique et sa jeune femme de ménage, qui sortent tous les deux d’une rupture. La sélection de longs métrages lancée hier, et ouverte au public, propose un nombre important de films inédits ou en avant-première. Outre le BORD DE MER de Julie Lopes-Curval, Caméra d’Or à Cannes cette année, les festivaliers et spectateurs pourront découvrir de nombreux films français comme C’EST LE BOUQUET, de Jeanne Labrune, LE VENTRE DE JULIETTE, le deuxième film de Martin Provost avec Julie-Marie Parmentier, ou encore CARNAGES, de Delphine Gleize, qui sort le 13 novembre. La sélection comporte aussi son lot de films du monde, comme LES CHANTS DU PAYS DE MA MERE de Bahman Ghobadi, L’ANGE DE L’EPAULE DROITE de Djamsked Usmonov ou IVRE DE FEMMES ET DE PEINTURES d’Im Kwon Taek, Prix de la mise en scène à Cannes cette année, en salles le 27 novembre. |
14/07/2002
: Célébrités 26/05/2002
: Tournage 25/06/2001
: Récompense |